Nunzio

Nunzio, premier texte de Spiro Scimone, visité et habité par Olivier Jeannelle et Denis Rey.

Le premier, à la mise en scène, a choisi d'inviter le public tout autour du nid des deux hommes dans un dispositif bi-frontal. Un total huit clos, ou presque, dans le deux-pièces des deux Siciliens. Ce tête à tête, expérimente une amitié salvatrice et urgente. En un peu plus d'une heure, il construit une belle et intense définition du terme fraternité: celle de deux êtres s'accrochant l'un à l'autre, bien trop bourrus, fiers et en colère pour l'avouer à l'autre sans cris et brutalité. L'un cachant ses secrètes activités, l'autre dissimulant sa maladie et sa trouille. Hormis les papilles en émoi, on ressort de là avec une inébranlable confiance en l'autre.

Barbara Weldens

Venant du cirque, Barbara Weldens a vécu une enfance faite de voyage avant d’écrire des textes où chaque mot est pesé, jaugé, dosé.

Sur scène, foutraque, folle, langoureuse, furieuse, tendre, drôle, virulente, délirante, déjantée, emportée…. Barbara Weldens ne cesse de passer d’un registre à l’autre, de jouer de son corps et de sa voix. La tessiture de celle-ci permet à Barbara toutes les audaces, passant d’un registre à l’autre avec une incroyable facilité.

Elle sera accompagnée au piano par Barbara Hammadise. Un piano qui se fait tour à tour tendre puis violent, mélodieux ou discordant, grinçant ou drolatique

On en reste ébahis, collectivement envoûtés par ce récital.

De morceau en morceau, la scène n’est plus qu’un halo de lumière au milieu duquel gesticule une incandescente étoile noire.

Un simple froncement de sourcil

Le public, tel une petite souris, est invité au coeur d’une répétition.

Ils sont trois : un comédien qui découvre son rôle pour la première fois, un metteur en scène irascible et un…, auteur blasé des didascalies. Nous voilà plongés dans le processus d’une création balbutiante et drolatique où rien ne manque : ni les doutes de l'acteur, ni les colères de l'auteur ni les douleurs lombaires du metteur en scène. Un petit bijou d’humour décalé et foudroyant servi par le texte succulent de Ged Marlon et une interprétation tonique qui ne se refuse aucun délire.

Fou rire garanti !

Les fils de ta mère

Il y a deux ans s’ouvrait sur Toulouse un bar associatif et culturel : « Chez ta mère ». Il, elle ?, donnait naissance aussitôt à un collectif d’artistes toulousains, « Les Fils de ta Mère »

Manu Galure, Chouf, Florent Gourault (Pauvres Martins), Marin et Pierrick (ex Malpolis) se retrouvent depuis régulièrement pour créer un cabaret chanson inédit, autour d’un thème ou autour d’un artiste (Renaud, Les Têtes Raides, Gainsbourg, Souchon…).

Dans ce spectacle, présenté à la Halle aux Grains, ils reconstituent, chansons en plus, la fameuse rencontre Brel, Brassens, Ferré, celle de la photo. Pierrick y reprend des extraits des propos, grain de sel à l’appui, Marin accompagne au piano Manu Galure/Ferré et Florent Gourault/Brel. Et Chouf/Brassens joue évidemment de la guitare.

Un fil à la patte

Pierre Matras, avec la complicité de Muriel Darras, propose une version décalée de ce chef d’œuvre du vaudeville menée à un rythme fou, avec des comédiens d'exception. On assiste médusés (et hilares) à une mise à nu de la mécanique du vaudeville qui n’épargne ni l’histoire, ni les jeux de scène, ni les dialogues, ni les décors et autres éventails. Un spectacle décoiffant façonné par une mise en scène improbable et la complicité indispensable de… deux ouvreurs… ???!!!

Alors, laissez vos certitudes sur le vaudeville de côté et accrochez-vous !